AVRIL 2004 :
Martin répond à l'équipe de MartinRappeneau.net...

LA MOITIE DES CHOSES DE MARTIN ...


A qui s'adresse ton premier album ? Cet album renvoie-t-il à quelque chose de personnel ou est-ce un jeu avec ton public ? Nous pensons notamment à la lettre signée Clara ...


- En tous cas il n'y a aucun jeu. Ce n'est pas une escroquerie dans le sens où je n'invente pas mes misères de cour et mes mélancolies. Cette histoire est vraiment là et je ne pourrai pas faire autrement. Elle me guide, elle me nourrit... tout ça est vraiment vrai. Cet album s'adresse notamment, je pense, à des amours dans ma vie que j'ai perdues. Il y a parfois un côté lettre ouverte, un peu journal intime sans impudeur... enfin j'espère sans impudeur. Un chanteur, quand il fait sa chanson, essaie de parler de lui comme toujours avec cette visée universelle et pour que ça puisse toucher un mec qui a vécu une histoire d'amour dans le Périgord, dans une ferme (rires) et même si ce qu'il y a autour de lui est différent, il faut que ça le touche autant. J'essaie pas du tout de faire des chansons parisiennes vite fait du style « Viens voir à Saint Germain, c'est sympa et j'aime beaucoup le jazz et Jean-Paul Sartre, et Paris, Paris. ». Non, je veux que ça se rapproche de la chanson populaire... Le plus populaire possible.


C'est quand même très tourné sur ton histoire et ton passif amoureux ...

- Mon passif amoureux oui, mais j'ai toujours la nette sensation que les histoires d'amour se ressemblent, qu'il y a des schémas établis, qu'il y a une espèce de code. Je veux dire c'est très dur d'échapper à ces schémas, comme une espèce d'éternel retour, on vit toujours tous la même histoire, à quelques détails près. Ce ne sont pas les détails qui font les histoires d'amour finalement. Dans les grandes lignes on se reconnaît et il suffit de quelques choses, quelques petites sensations pour qu'on soit touché et j'espère que mes chansons font cet effet là.


Et cette lettre, peut-on en savoir un peu plus ?

- C'est un mélange de vérité et de mensonge, un peu Projet Blair Witch (rires). C'est une lettre manuscrite, écrite par une fille que je connais, que l'on donnait à la presse avec le disque...


Cette fille qui s'appelle Clara,, existe-t-elle vraiment ou pas ?

- Pour protéger la vie privée des gens, juste les noms ont été changés. (rires...)



Pour revenir à la réalisation de l'album, tu as écrit seul dans ta chambre ?

- Pour les musiques ça se passe en effet dans ma chambre, le piano, la guitare, seul sans machine, un peu à l'ancienne. Moi je suis très fan des songwriters des années 70. J'ai un peu une image, peut-être un peu d'Epinal, d'eux dans une petite chambre, au piano... , le piano contre le mur et puis cherchant des chansons.
L'ordinateur, la souris, le montage, ça je laisse ça à d'autres, pour l'instant. J'y viendrai parce que je vis avec mon époque mais pour l'instant je me contente encore de cette méthode artisanale. Ca m'arrive aussi parfois de composer avec la télé allumée. J'aime bien regarder les images, je coupe le son et puis je joue de la guitare, je joue devant Christine Okrent devant France Europe Express (rires).

     
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